Risque de méningiomes concernant les contraceptifs à base de désogestrel

Actualités professionnelles — CNP-EDN | D'après une communication de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)

En bref : l'ANSM alerte les prescripteurs sur le risque de méningiome associé au désogestrel 75 μg seul (Antigone®, Cerazette®, Elfasette®, Optimizette® et génériques Biogaran, Cristers, Sandoz). Le risque augmente avec la durée d'utilisation et concerne particulièrement les femmes de plus de 45 ans ou déjà exposées à un macroprogestatif.

Ce que montre l'étude

Une analyse menée par le GIS Epi-Phare (CNAM/ANSM), publiée en 2025 dans le BMJ, confirme que le désogestrel seul à 75 μg augmente le risque de méningiome, avec un niveau de risque nettement inférieur à celui observé avec les macroprogestatifs (acétate de cyprotérone, nomégestrol, chlormadinone, médroxyprogestérone, médrogestone).

Après 5 ans d'utilisationRisque multiplié par 1,7
Après 7 ans d'utilisationRisque multiplié par 2
Femmes de plus de 45 ansRisque augmenté dès la 1re année d'utilisation
Exposition antérieure à un macroprogestatifRisque multiplié par 3,3 dès la 1re année
Incidence moyenne1 méningiome opéré / 67 000 femmes exposées (1 / 17 000 au-delà de 5 ans)

Recommandations de l'ANSM pour la pratique

  • Avant toute prescription ou changement de contraception progestative, vérifier les traitements par progestatifs reçus antérieurement par la patiente ;
  • IRM cérébrale de dépistage à réserver aux femmes présentant des signes évocateurs de méningiome, ou initiant un désogestrel après plus d'un an d'exposition passée à un progestatif à risque (recommandations d'octobre 2023) ;
  • Chez les femmes de plus de 45 ans, réévaluer chaque année le maintien d'une contraception au désogestrel, compte tenu du risque de méningiome et du risque thrombo-embolique accru avec l'âge en cas de relais œstro-progestatif ;
  • Le désogestrel a une AMM uniquement contraceptive — il ne doit pas être utilisé comme traitement hormonal de la ménopause ;
  • Informer chaque patiente du risque de méningiome et réévaluer annuellement le bien-fondé de sa contraception (âge, traitements antérieurs, antécédents, mode de vie), jusqu'à la ménopause.

Une décision européenne en amont

Cette communication s'inscrit dans la continuité d'une première alerte : à la suite de l'évaluation des résultats de l'étude Epi-Phare, sur lesquels l'ANSM avait déjà communiqué, l'Agence européenne du médicament (EMA) a décidé de mettre à jour les notices et RCP des contraceptifs à base de désogestrel et d'étonogestrel, seuls ou associés à l'éthinylestradiol, pour y faire figurer le risque de méningiome.

Cette décision s'est accompagnée, en amont, de la diffusion par les laboratoires concernés d'une lettre d'information aux professionnels de santé (DHPC) par courrier électronique. Le courrier de l'ANSM vient compléter ce premier dispositif avec des données chiffrées issues de l'étude Epi-Phare et des recommandations pratiques.

Information des patientes

Un courrier nominatif est également adressé aux patientes majeures concernées : poursuite normale de la contraception (pas d'arrêt brutal), sujet à aborder lors de la prochaine consultation de routine — sans urgence, sauf symptômes évocateurs (céphalées persistantes, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l'équilibre ou du langage, troubles de la mémoire, épilepsie nouvelle ou aggravée).

Sources et liens utiles :
Étude Epi-Phare — désogestrel, lévonorgestrel et méningiomes : epi-phare.fr
Publication dans le BMJ (2025) : bmj.com
Dossier thématique ANSM : ansm.sante.fr
Point de contact ANSM : guichet.usager@ansm.sante.fr

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